La besnoitiose bovine est l’une des maladies parasitaires émergentes les plus préoccupantes en France. Connue depuis le XIXe siècle, elle progresse depuis les années 2000 du sud vers le centre du pays, touchant désormais des départements jusqu’au Massif central. Sur le terrain, nous voyons cette pathologie causée par un parasite protozoaire (Besnoitia besnoiti) gagner du terrain, parfois sans signes cliniques évidents, ce qui complique son contrôle. Cet article vous donne les clés pour reconnaître, dépister et limiter la circulation de cette maladie dans votre troupeau. Pour un panorama complet, voir aussi principales maladies des bovins.

Besnoitiose bovine : agent et mode de transmission
L’agent responsable de la besnoitiose bovine est Besnoitia besnoiti, un parasite protozoaire intracellulaire. Il infecte les bovins via la salive ou le sang lors de morsures d’insectes piqueurs et hématophages, ainsi que par contact direct prolongé. Une fois dans l’animal, il forme des kystes microscopiques dans les tissus conjonctifs, la peau et les muqueuses.
Réponse directe : la besnoitiose bovine est une parasitose émergente due à Besnoitia besnoiti, transmise par des insectes piqueurs (taons, stomoxes). Elle se traduit par des œdèmes, un épaississement chronique de la peau (« cuir d’éléphant ») et une chute des performances. Le diagnostic repose sur la sérologie ELISA. Pour le rôle de le rôle des stomoxes comme vecteurs comme vecteur, voir notre article dédié.
Vecteurs et facteurs de risque
Les vecteurs principaux sont les taons (Tabanidae) et les stomoxes (Stomoxys calcitrans). Les périodes chaudes et humides favorisent leur prolifération. Les facteurs de risque incluent les transhumances, l’achat d’animaux issus de zones infectées, et le mélange de troupeaux dans des pâturages communs. La période d’incubation varie de 1 à 4 semaines.
Symptômes cliniques de la besnoitiose bovine
La maladie évolue classiquement en trois phases. La phase fébrile (5 à 10 jours) est marquée par une hyperthermie (40-41 °C), une chute d’appétit, des écoulements oculaires et nasaux, parfois confondue avec une simple fièvre estivale. La phase d’œdème (1 à 2 semaines) montre des gonflements aux paupières, fanon, mamelles, scrotum chez les taureaux. Puis vient la phase chronique avec un épaississement progressif de la peau.
- Hyperthermie persistante 40-41 °C
- Œdèmes des paupières, fanon, mamelles
- Kystes blanchâtres dans la sclère oculaire (signe pathognomonique)
- Épaississement de la peau, plis profonds, dépilations
- Stérilité chez le taureau, baisse du GMQ (gain moyen quotidien) chez les jeunes

Formes cliniques et porteurs asymptomatiques
Une grande proportion des animaux infectés reste asymptomatique mais séropositive : ce sont les fameux porteurs latents, qui entretiennent la circulation parasitaire dans le troupeau sans signaler leur statut. La chute du GMQ peut atteindre 15 à 25 % chez les jeunes infectés en phase chronique. Pour distinguer ces signes de autres dermatites du bovin ou d’autres pathologies cutanées, le diagnostic différentiel est crucial.
Diagnostic et dépistage en élevage
Le diagnostic de besnoitiose bovine repose principalement sur la sérologie ELISA, qui détecte les anticorps spécifiques à partir d’environ 4 semaines après l’infection. Une PCR sur prélèvement cutané permet de confirmer la présence du parasite. L’examen clinique des yeux (recherche des kystes scléraux) est un excellent outil de dépistage rapide.
Stratégie de dépistage du troupeau
Nous recommandons un dépistage sérologique systématique à l’introduction de tout nouvel animal, et un screening annuel des troupeaux de zones à risque. Les groupements de défense sanitaire (GDS) coordonnent souvent ces campagnes. Le coût d’une sérologie ELISA est modéré (5-8 €) et amplement justifié sur un troupeau commercial. Coupler cela à gérer son suivi sanitaire avec Boviclic facilite le suivi historique.

Lutte et mesures de prévention
Il n’existe à ce jour aucun vaccin commercial efficace ni traitement curatif spécifique pour la besnoitiose bovine. La stratégie repose sur trois piliers : limiter les vecteurs, dépister à l’introduction, et réformer les animaux gravement atteints. Les insecticides à action longue durée (pyréthrinoïdes en pour-on) appliqués pendant la saison vectorielle réduisent la pression d’infestation. Le le Finadyne en traitement de soutien peut soulager les phases œdémateuses sévères en traitement de soutien anti-inflammatoire.
Sur le plan réglementaire, la besnoitiose n’est pas listée comme maladie réglementée, mais le GDS et les chambres d’agriculture appellent à la vigilance. La calendrier des vaccinations bovines régulière reste un outil de prévention global, et n’oubliez pas que l’introduction d’animaux non testés est aujourd’hui la voie principale de diffusion. Croisez ce protocole avec votre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) si vous suspectez une co-circulation virale.
Questions fréquentes
La besnoitiose bovine est-elle transmissible à l’homme ?
Non, la besnoitiose bovine n’est pas une zoonose : Besnoitia besnoiti n’infecte pas l’homme. La viande des animaux atteints reste consommable après inspection sanitaire, même si l’aspect du cuir et des tissus peut entraîner des saisies partielles à l’abattoir.
Existe-t-il un traitement curatif ?
Aucun traitement curatif n’est aujourd’hui homologué contre la besnoitiose bovine. Les anticoccidiens (toltrazuril, sulfamides) ont montré des effets limités sur les formes aiguës. La prise en charge repose surtout sur des anti-inflammatoires en phase fébrile et sur la réforme des animaux chroniquement atteints.
Comment savoir si mon troupeau est touché ?
La meilleure méthode est de pratiquer une sérologie ELISA sur un échantillon représentatif (10 à 15 % du troupeau adulte). En parallèle, examinez les yeux des bovins : les petits kystes blanchâtres dans la sclère sont un signe quasi spécifique. Au moindre doute, contactez votre vétérinaire et votre GDS.
Conclusion
La besnoitiose bovine progresse en France et impose une vigilance accrue, surtout dans les zones où la maladie circule déjà. Le dépistage systématique à l’introduction, la lutte contre les insectes vecteurs et la réforme ciblée des animaux gravement atteints constituent les outils efficaces à ce jour. Investir dans un protocole sanitaire structuré, en lien avec votre GDS, reste le meilleur rempart pour préserver les performances et la valeur génétique de votre troupeau.
