Boviclic est le logiciel de gestion sanitaire bovin développé par les Groupements de Défense Sanitaire (GDS) et déployé à l’échelle nationale depuis 2015. Il est aujourd’hui utilisé par plus de 80 000 éleveurs bovins en France, principalement pour le suivi des interventions vétérinaires, la gestion des médicaments, la traçabilité sanitaire et la préparation des bilans sanitaires d’élevage (BSE). Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant (ordonnance vétérinaire, démarche BGTA), Boviclic est devenu un outil incontournable pour beaucoup d’éleveurs. Mais que fait-il vraiment ? Comment bien l’utiliser ? Et quelles sont ses limites ?

Ce que Boviclic fait concrètement
Boviclic centralise en un seul outil numérique plusieurs fonctions qui étaient auparavant gérées sur papier ou dans des tableurs épars :
- Registre des traitements vétérinaires — enregistrement de chaque traitement par animal (médicament, dose, voie d’administration, délai d’attente). C’est la fonctionnalité la plus utilisée et la plus utile pour répondre aux contrôles.
- Gestion de l’armoire à pharmacie — suivi des stocks de médicaments, alertes de péremption, traçabilité des lots.
- Suivi sanitaire par animal — historique des maladies, des vaccinations et des interventions chirurgicales ou obstétricales.
- Alertes et rappels — délais d’attente viande et lait après traitement, dates de rappel de vaccin, fin de traitement.
- Bilan sanitaire d’élevage — génération automatisée du BSE annuel, document obligatoire dans le cadre de la démarche BGTA (Bon Usage des médicaments en Gestion du Troupeau et des Animaux).
- Partage avec le vétérinaire — le compte Boviclic peut être partagé avec le vétérinaire traitant, qui peut consulter l’historique et renseigner ses ordonnances directement.
Comment accéder et se connecter à Boviclic
Boviclic est accessible via le site boviclic.com et via une application mobile (iOS et Android). L’accès se fait avec les identifiants GDS fournis par votre GDS départemental — si vous n’avez pas encore de compte, rapprochez-vous de votre GDS ou de votre vétérinaire traitant. L’outil est gratuit pour les éleveurs adhérents GDS (environ 80 à 120 €/an selon les départements pour l’adhésion GDS elle-même). Pour les non-adhérents, certains GDS proposent un accès payant aux fonctions de base.
L’interface est disponible en version bureau (recommandée pour la saisie) et en version mobile (pratique pour les enregistrements directement depuis l’étable ou la pâture). La synchronisation est automatique entre les deux versions dès que vous êtes connecté. Sur le terrain, l’application mobile fonctionne en mode hors-ligne si la connexion est mauvaise — les données sont synchronisées à la prochaine connexion.

Utilisation au quotidien : les bonnes pratiques
La valeur de Boviclic dépend directement de la régularité et de l’exhaustivité de la saisie. Un registre avec des trous est presque aussi problématique qu’un registre inexistant lors d’un contrôle. Quelques règles pratiques que nous recommandons :
- Saisir chaque traitement le jour même ou au plus tard le lendemain — les détails s’oublient vite
- Utiliser la fonction « boucle » pour saisir les traitements de lot (plusieurs animaux traités le même jour avec le même produit)
- Vérifier systématiquement le délai d’attente calculé par Boviclic avant tout mouvement vers l’abattoir
- Mettre à jour le stock de pharmacie lors de chaque utilisation — cela permet de commander avant la rupture
- Synchroniser avec votre vétérinaire pour que les ordonnances soient intégrées directement — cela évite la double saisie
Pour le calendrier de vaccination, Boviclic peut générer des rappels automatiques si vous saisissez correctement les protocoles de vaccination initiaux. C’est un gain de temps réel et une sécurité pour ne pas oublier un rappel en période chargée.
Boviclic et la réglementation BGTA
Depuis 2022, la démarche BGTA (anciennement ACERSA) impose aux éleveurs bovins un bilan sanitaire annuel réalisé par leur vétérinaire traitant, couvrant le suivi des maladies, l’usage des antibiotiques et les protocoles de soins. Boviclic génère automatiquement ce bilan à partir des données saisies sur l’année — à condition que la saisie soit complète et rigoureuse. Un BSE bien renseigné dans Boviclic réduit significativement le temps de préparation de la visite BSE et améliore la qualité du dialogue avec le vétérinaire.
Le plan sanitaire d’élevage (PSE) et les protocoles de soins validés par le vétérinaire peuvent être stockés dans Boviclic et consultés à tout moment — y compris pour justifier l’usage d’un médicament sans prescription immédiate dans le cadre des protocoles dérogatoires autorisés. Les aides PAC conditionnalité sanitaire imposent également la tenue d’un registre conforme : Boviclic est reconnu comme registre valide par les services de contrôle.

Les limites de Boviclic : ce qu’il ne fait pas
Boviclic est excellent pour la gestion sanitaire et médicamenteuse, mais il ne remplace pas un logiciel de gestion d’élevage complet. Il ne gère pas la reproduction (pas de suivi des inséminations, des vêlages, des chaleurs) — pour cela, il faut utiliser un outil dédié comme GAEL, Prim’Holstein ou les modules de la coopérative Elvup. Il n’intègre pas non plus la gestion économique (marges, coûts de production, suivi comptable). Pour le suivi de la reproduction et le suivi de la fertilité du troupeau, compléter Boviclic avec un module reproduction est indispensable.
Enfin, Boviclic ne remplace pas le jugement clinique : c’est un outil de traçabilité et d’aide à l’organisation, pas un outil de diagnostic. La relation avec le vétérinaire traitant reste centrale — Boviclic facilite cette relation en permettant un partage d’information structuré, mais ne saurait s’y substituer. Utilisé correctement, il est l’un des outils les plus utiles et les plus rentables que l’éleveur bovin peut adopter aujourd’hui, avec un impact direct sur la conformité réglementaire et la qualité du dialogue avec les intervenants sanitaires.
Boviclic s’inscrit dans une démarche de gestion intégrée : retrouvez les pathologies les plus fréquentes dans notre guide des maladies des bovins et explorez l’outil de suivi connecté ICOWnect.
