La Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) est une maladie virale bovine émergente en Europe, particulièrement préoccupante en 2026 suite aux foyers détectés en France et en Espagne. Causée par un virus de la famille des Capripoxvirus, elle se transmet principalement par les insectes piqueurs (stomoxes, taons, moustiques) et provoque des lésions cutanées caractéristiques (nodules) avec impact économique majeur (mortalité 1-5 %, morbidité 50 %, baisse de production laitière de 20-50 %). Notre guide complet 2026 sur l’identification, la prévention et la gestion. Pour comprendre les vecteurs de transmission, voir notre stomoxes en élevage.

Dermatose Nodulaire Contagieuse : identification
La Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) se manifeste par l’apparition soudaine de nodules cutanés (1 à 5 cm de diamètre) sur l’ensemble du corps de l’animal infecté, accompagnés de fièvre élevée (40-41,5°C), abattement, anorexie et chute de production laitière. Les premiers nodules apparaissent typiquement 7-14 jours après l’exposition au virus, principalement sur la tête, le cou, les membres et les organes génitaux.
Signes cliniques caractéristiques
Les nodules de la DNC sont fermes au toucher, surélevés, parfois ulcérés au sommet. Ils touchent à la fois l’épiderme et le derme profond, parfois jusqu’au muscle sous-jacent. Leur évolution suit plusieurs stades : nodule ferme et dur (semaine 1), ramollissement et nécrose centrale (semaine 2-3), formation d’une croûte qui tombe (semaine 4-6), cicatrice résiduelle. La fièvre et l’abattement précèdent les lésions de 2-4 jours.
Diagnostic différentiel
Plusieurs maladies présentent des symptômes proches : pseudo-cowpox, urticaire, dermatophilose, herpèsvirus bovin. Le diagnostic de certitude DNC repose sur l’analyse PCR (recherche d’ADN viral) à partir d’un prélèvement de nodule frais ou de sang. Cette analyse est réalisée uniquement par les laboratoires départementaux d’analyses (LDA). En cas de suspicion, la déclaration à la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) est obligatoire et urgente.
Modes de transmission
Comprendre les modes de transmission est essentiel pour protéger son troupeau. La DNC se transmet par plusieurs voies, la principale étant les insectes piqueurs.
- Insectes piqueurs : 80-90 % des cas, surtout stomoxes et taons (transmission mécanique)
- Moustiques : transmission active du virus, déterminante en zones humides
- Contact direct : entre bovins, par les sécrétions nasales, oculaires, salivaires
- Matériel souillé : abreuvoirs partagés, matériel de traite mal désinfecté, cordages
- Transport : déplacement d’animaux infectés ou en incubation entre élevages

Prévention et vaccination
La prévention combine plusieurs leviers complémentaires : vaccination, lutte anti-vectorielle, biosécurité d’élevage. Aucune mesure isolée n’est suffisante.
Vaccination
Le vaccin Lumpyvax (vaccin vivant atténué) est disponible et recommandé en zone à risque (zones de protection autour des foyers identifiés). Une dose suffit, avec immunité acquise en 21 jours et durée de protection 1 an. Coût vaccinal : 2-4 € par dose. Campagnes vaccinales souvent organisées par les Groupements de Défense Sanitaire (GDS) en zone à risque, avec prise en charge partielle.
Lutte anti-vectorielle
La réduction des populations d’insectes piqueurs est la deuxième ligne de défense. Pulvérisation extérieure d’insecticides à effet rémanent sur les bâtiments, traitements pour-on (Butox, Bayticol) sur les bovins, gestion des fumiers et drainage des zones humides à proximité des bâtiments. Pour des stratégies anti-stomoxes complètes, voir notre stomoxes en élevage.
Conduite à tenir en cas de suspicion
La DNC est une maladie réglementée à déclaration obligatoire en France. La conduite à tenir est strictement encadrée par les services vétérinaires de l’État.
Déclaration immédiate
En cas de suspicion (nodules cutanés multiples avec fièvre), contacter immédiatement votre vétérinaire qui réalise un examen clinique et fait un prélèvement pour analyse. La DDPP doit être informée dans les 24 heures. Toute mortalité suspecte doit également être signalée. Aucune sortie d’animal de l’élevage suspect n’est autorisée jusqu’aux résultats d’analyse.
Mesures d’isolement
Les animaux suspects doivent être isolés du reste du troupeau dans un box dédié, idéalement à l’intérieur pour limiter l’exposition aux insectes vecteurs. Le matériel de soin (seaux, fourches, brosses) est dédié exclusivement à ce box. Le personnel change de bottes et combinaison après chaque intervention. Pour la conduite générale en zone réglementée, le préfet peut imposer des mesures supplémentaires (interdiction de mouvement, abattage si confirmation).

Questions fréquentes
La DNC est-elle transmissible à l’Homme ?
Non, la DNC est une maladie strictement bovine. Aucun risque pour l’Homme, même par contact direct ou consommation de viande/lait d’animaux infectés. Cependant, la maladie reste à déclaration obligatoire en raison de son impact économique majeur sur la filière bovine.
Quelle est la mortalité de la DNC ?
La mortalité directe par la maladie est faible (1-5 % du troupeau infecté), mais la morbidité est élevée (40-50 %). L’impact économique vient surtout de la chute de production laitière (20-50 %), de la perte de poids et des mesures d’abattage sanitaire imposées en cas de confirmation. Le retour à la production normale prend plusieurs mois.
La vaccination est-elle obligatoire en France ?
Pas obligatoire en zone indemne, mais fortement recommandée en zone de surveillance et obligatoire en zone de protection autour d’un foyer identifié. Les modalités précises sont fixées par arrêté préfectoral en cas d’apparition de la maladie. Renseignez-vous auprès de votre GDS et vétérinaire pour le statut actuel de votre département.
Notre conclusion
La DNC reste une menace majeure pour l’élevage bovin français en 2026. La vigilance, la vaccination en zone à risque et la lutte anti-vectorielle constituent les trois piliers de la prévention. La déclaration immédiate de toute suspicion est indispensable pour limiter la propagation. Pour aller plus loin sur la santé des bovins, consultez notre dossier Baycox bovin.
